Aller au contenu

Score carbone des médicaments en France : une méthodologie à respecter

A partir d’août 2026, l’empreinte carbone des médicaments aussi dit “score carbone” deviendra un critère obligatoire et décisif dans les appels d’offres publics en France. La méthodologie à appliquer a été publiée en mai 2025 dans des objectifs de comparabilité et d’intégration des enjeux environnementaux au cœur des décisions de santé publique et comprend un guide méthodologique et une matrice de calcul officiels. 

Pour les industriels, c’est un accélérateur de décarbonation : elle permet de cibler les classes thérapeutiques, technologies ou formes galéniques les plus impactantes. Pour les pouvoirs publics et les acheteurs, elle ouvre la voie à des décisions fondées sur des données robustes. Et pour les professionnels de santé, elle rend possible des prescriptions plus responsables. 

Dans cet article, nous allons décrypter cette nouvelle méthodologie, comprendre comment elle fonctionne concrètement et ce qu’elle change pour les industriels, les acheteurs publics et les professionnels de santé. Car pour les industriels comme pour les acheteurs, l’enjeu n’est plus de savoir si cette révolution aura lieu, mais à quelle vitesse ils sauront s’y adapter. 

 Qu’est-ce qu’un médicament ? 

Un médicament à usage humain est considéré comme toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines, ainsi que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l’Homme ou pouvant lui être administrée, en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier ses fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique. L’ensemble des médicaments sont concernés, quel que soit leur présentation et leur destination. Les dispositifs médicaux ne sont pas concernés. 

Un médicament, au sens de la méthodologie, n’est pas qu’une molécule : c’est un système complet comprenant un principe actif (PA), des excipients, un conditionnement et une chaîne logistique, mis sur le marché pour traiter ou prévenir une maladie.  

L’empreinte carbone doit être présentée pour chaque présentation du médicament défini par son code CIP en différenciant l’empreinte en amont et en aval. L’Autorisation de Mise sur le Marché (AAM) est nécessaire pour la vérification et pour justifier les ingrédients pris en considération. 

Le schéma ci-dessous montre les étapes du cycle de vie à prendre en compte selon la méthodologie, y compris la différence amont / aval. Les cases en bleues claires montrent les étapes où des quantités précises sont nécessaires. Des facteurs de majorations sont disponibles pour les cases orange en cas d’absence de quantités. 

Etapes du cycle de vie à prendre en compte selon la méthodologie

La méthodologie empreinte carbone

L’empreinte carbone doit être calculée pour chaque présentation du médicament (Code Identifiant de Présentation – CIP) et distinguée entre émissions amont et aval.

Points clés :

✔ Méthodologie alignée aux standards internationaux
Basée sur le GHG Protocol – Product Standard, les normes ISO 14040/14044 et ISO 14067, avec la méthode IPCC 2021 à 100 ans (PEF 3.1).

✔ Données primaires obligatoires
Pour le principe actif, les excipients et les conditionnements :

  • Matières premières et solvants (dont les 3 dernières étapes de synthèse du principe actif, et excipients si ≥ 90 % de la masse)
  • Énergie (allocation justifiée)
  • Déchets (bilan massique)
    Données moyennées sur 12 mois. Carbone biogénique à déclarer (nul en fin de vie).

✔ Hiérarchie des bases de données
Priorité aux données fournisseurs vérifiées, puis données du guide, ecoinvent (≥ v3.10), Agribalyse®, Base Empreinte®, et Exiobase (≤ 25 %).
→ Permet de calculer l’incertitude (≤ 45 % pour l’amont).

✔ Règles d’allocation encadrées

  • Énergie : heures machine → durée → masse → mixte (50 % économique / 50 % volume)
  • Co-produits : subdivision ou expansion, sinon allocation massique ou économique (si ratio de prix > 5)

✔ Majorations par défaut
Pour les données non primaires : transport amont, trajets salariés, achats, immobilisations, émissions directes.

✔ Matrice Excel officielle
Permet le calcul automatique à partir des données collectées : facteurs d’émission (PA, excipients, conditionnements), énergie (12 mois), pertes, masses, pays, transport, stockage, utilisation et fin de vie.

→ Résultats : empreinte par présentation (UCD, DJD), amont/aval, facteurs standard et incertitude.

Méthode destinée aux exploitants pharmaceutiques, avec une forte dépendance aux données fournisseurs.

Ce que nous pouvons faire pour vous 

Par notre expérience dans le secteur du médical et nos experts chimistes, vous obtenez une empreinte carbone robuste, comparable, vérifiée, prête pour les autorités, les appels d’offres et votre stratégie bas carbone. 

✔ Études conformes GHG Protocol, ISO 14067 et méthodologie française 
ACV médicament complète, reconstruction du PA, intégration des bases ecoinvent / Agribalyse / Exiobase. 

✔ Configurateur interne
Automatiser l’empreinte carbone de vos produits 

✔ Maîtrise de la méthode médicament 
Application rigoureuse des règles : synthèse, pertes, allocation, cutoff, fin de vie, transport. 
Accompagnement dans la compréhension de la matrice Excel de la méthodologie. 

✔ Accompagnement fournisseurs 
Modèles de collecte, formation, vérification de conformité GHG Protocol, ISO 14067. 

✔ Vérification tierce indépendante 
Revue critique et validation méthodologique. 

Vous souhaitez calculer l’empreinte carbone de vos produits  ?