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Projet PEPS : mesurer la maturité de la filière santé pour accélérer le passage à l’action

Comment le diagnostic de maturité, l’ACV simplifiée et la dynamique collective peuvent transformer les intentions environnementales en actions concrètes ? Découvrez le projet PEPS.

Une filière santé en pleine transformation 

Le secteur de la santé est au cœur d’une équation complexe : garantir la qualité et la sécurité des soins, répondre aux exigences réglementaires, maîtriser les coûts et réduire son empreinte environnementale. D’après The Shift Project, il représente près de 8 %1 des émissions nationales de gaz à effet de serre en France. La transition écologique de la santé n’est donc pas un sujet périphérique : c’est un levier majeur de résilience pour les organisations, les territoires et les chaînes de valeur. 

Mais une filière ne se transforme pas uniquement avec de bonnes intentions. Pour agir efficacement, il faut d’abord savoir où l’on en est : quels acteurs sont déjà engagés ? Quelles démarches sont structurées ? Quels freins empêchent le passage à l’action ? Quels outils peuvent aider les entreprises à décider, prioriser et piloter leurs efforts ? 

C’est précisément l’ambition du projet PEPS, coordonné par Eurasanté et Clubster NSL avec le soutien de l’ADEME, de la Région Hauts-de-France et l’accompagnement de WeLOOP : donner à la filière santé régionale une lecture partagée de sa maturité environnementale, puis transformer ce diagnostic en trajectoire d’action collective. 

Pourquoi commencer par une analyse de maturité ?  

Avant de construire une feuille de route, une filière doit comprendre son point de départ. L’analyse de maturité n’a pas vocation à classer ou à juger les entreprises. Elle sert à objectiver les pratiques, à identifier les besoins réels et à adapter les actions d’accompagnement au niveau d’avancement des acteurs. 

Dans le cadre de PEPS, cette analyse a combiné trois approches complémentaires : une cartographie des acteurs régionaux, une étude des engagements publics en matière de durabilité, puis un questionnaire dynamique sur les pratiques, les freins et les attentes des entreprises. L’objectif : passer d’une vision intuitive de la transition écologique à une photographie structurée de la filière

Ce diagnostic est essentiel, car les entreprises de santé n’ont ni les mêmes ressources, ni les mêmes contraintes, ni les mêmes degrés d’avancement. Une start-up de santé digitale, une PME fabricant des dispositifs médicaux et une entreprise pharmaceutique ne rencontrent pas les mêmes enjeux. Sans analyse de maturité, le risque est de proposer les mêmes solutions à tout le monde, alors que les besoins sont très différents

Ce que révèle le diagnostic PEPS 

Le premier enseignement est clair : la filière santé des Hauts-de-France est mobilisée, mais encore en phase de structuration. L’analyse conduite sur 307 acteurs régionaux montre qu’environ 36 % disposent d’un bilan carbone publié et que 28 % affichent un engagement environnemental formalisé. Ces chiffres indiquent une dynamique réelle, mais encore loin d’une généralisation des démarches. 

Le questionnaire de maturité a permis d’aller plus loin. Sur 55 réponses reçues, les résultats montrent que 57 % des entreprises répondantes se situent plutôt au niveau 2 de maturité environnementale : les enjeux sont compris, les premières actions existent, mais les démarches restent souvent ponctuelles, peu outillées ou insuffisamment pilotées. 

Autre signal fort : les attentes convergent, quels que soient la taille ou le secteur d’activité. Les entreprises expriment des besoins prioritaires en financement, accompagnement, accès à des outils et bases de données, sensibilisation, formation et mutualisation des retours d’expérience. En d’autres termes : les acteurs veulent avancer, mais ils ont besoin d’un cadre, de méthodes et de preuves pour transformer l’intention en action. 

Quatre niveaux pour passer de l’intention à l’action 

L’analyse de maturité a permis de structurer une grille en quatre niveaux. C’est l’un des enseignements les plus utiles du projet : le passage à l’action doit être progressif et adapté à la maturité réelle des entreprises. 

Cette approche par niveaux évite deux écueils : rester au stade de la sensibilisation sans déboucher sur des décisions, ou au contraire proposer des outils trop techniques à des entreprises qui n’ont pas encore posé les bases stratégiques. Elle permet de construire un accompagnement utile, réaliste et actionnable

L’ACV simplifiée : la preuve par les cas d’usage 

Le projet PEPS ne s’est pas arrêté au diagnostic. Trois entreprises pilotes ont été accompagnées dans des Analyses de Cycle de Vie (ACV) simplifiées : Libel’up, Diagast et CSARR Connect. Ces cas concrets montrent pourquoi la mesure environnementale devient un outil d’aide à la décision. 

Chez Libel’up, l’ACV comparative entre dispositifs neufs et reconditionnés a objectivé l’intérêt du réemploi. Les résultats montrent des réductions d’impacts pouvant atteindre 92 % pour une chaise de bain, 87 % pour un fauteuil roulant manuel et 78 % pour un fauteuil roulant électrique. Au-delà du chiffre, le message est puissant : prolonger la durée de vie des dispositifs médicaux permet d’éviter des impacts majeurs liés à l’extraction et à la fabrication des matières premières. 

Avec Diagast, l’analyse de l’ABTest Card a mis en évidence les postes les plus contributeurs : composants préfabriqués, production et assemblage, puis fin de vie en DASRI. L’ACV a permis d’alimenter les réflexions d’éco-conception : réduction de la masse, choix de matériaux moins impactant, optimisation du design et amélioration du suivi des consommations. 

Pour CSARR Connect, l’étude a montré que les solutions numériques ont elles aussi un impact environnemental, notamment via le développement logiciel, les équipements informatiques et le stockage des données. L’analyse de sensibilité a également révélé un point stratégique : plus l’outil est mutualisé entre établissements, plus une partie des impacts peut être amortie par opération. 

Ces cas d’étude jouent un rôle de démonstrateur pour l’ensemble de la filière. Ils rendent les impacts visibles, identifient les points chauds et donnent aux entreprises des leviers concrets pour arbitrer entre plusieurs scénarios techniques, industriels ou organisationnels. 

De l’entreprise à la filière : les leviers collectifs 

Le rapport PEPS met en évidence un point central : la transition écologique de la santé ne peut pas reposer uniquement sur des initiatives individuelles. Les entreprises ont besoin d’un environnement collectif qui facilite la montée en compétence, l’accès aux données et la reconnaissance des efforts engagés. 

Les leviers identifiés sont à la fois opérationnels et stratégiques : développer des formations collectives, mettre à disposition des outils communs de mesure, mutualiser les bases de données et les retours d’expérience, valoriser les bonnes pratiques, structurer les achats responsables et suivre les progrès de la filière dans le temps. 

Cette dimension collective est décisive. Elle permet d’éviter que chaque entreprise réinvente seule ses méthodes, ses indicateurs ou ses hypothèses. Elle crée aussi les conditions d’un langage commun entre fabricants, services de santé, acteurs du numérique, donneurs d’ordre, financeurs et institutions. 

Formation à l’ACV et à l’écoconception
Projet PEPS

Ce que PEPS change concrètement 

L’apport du projet PEPS tient dans le passage d’un constat général (la filière doit réduire son impact) à une méthode d’action. Le diagnostic de maturité montre où agir. Les ACV simplifiées montrent comment agir sur des produits, services ou procédés. Le plan d’action sectoriel indique comment organiser la progression collective. 

Cinq axes structurants ressortent :  

  1. Renforcer la sensibilisation et la montée en compétences,  
  2. Structurer les démarches environnementales,  
  3. Développer l’éco-conception et l’usage de l’ACV,  
  4. Mutualiser les outils et les données,  
  5. Mettre en place un suivi sectoriel des progrès. 

C’est là tout l’intérêt d’une analyse de maturité de filière : elle transforme une ambition de transition en feuille de route priorisée. Elle permet de cibler les bons acteurs, au bon niveau, avec les bons outils. Elle donne aux décideurs une base pour allouer les moyens, construire des formations, lancer des projets pilotes et mesurer les avancées. 

Le rôle de WeLOOP : transformer les diagnostics en actions 

Chez WeLOOP, nous accompagnons les organisations et les filières dans cette transformation : 

  • Diagnostic de maturité filière 
  • Développement d’outils d’évaluation 
  • Réalisation d’ACV 
  • Ecoconception 
  • Formation et montée en compétences 
  • Définition de feuilles de route opérationnelles 

Notre conviction est simple : les données ne suffisent pas. Pour créer de l’impact, elles doivent être comprises, partagées et transformées en décisions. C’est le rôle d’une analyse de maturité bien construite : révéler les freins, identifier les leviers et rendre possible le passage à l’action. 

Vous souhaitez impliquer votre filière ou votre organisation dans une démarche similaire ?